Journal de pharmacie et de chimie: contenant les travaux de la Société de Pharmacie de Paris ; une revue médicale Société de Pharmacie [Paris]. Paris : Dion, tome 29 (1856), page 240

 

Sur une modification particulière de la fibrine ;

par M. Gorup-Besanez.

- Dans un liquide provenant de la cavité pectorale d'un poitrinaire, l'auteur a trouve une variété de fibrine qui ne paraît pas encore connue.

Ce liquide pathologique offrait une coloration rouge; sa densité était de 1,007 et se transforma rapidement en une masse tremblante pour reprendre, quelques heures après, la consistance primitive non sans avoir, préalablement, laissé déposer un coagulum rouge et épais. Ce liquide possédait une réaction alcaline; il était exempt d'urée mais il contenait de l'albuminate de soude. Le microscope permit d'y reconnaître des cellules du sang.

Le coagulum ayant été pétri sous l'eau affecta d'abord la consistance de la fibrine mais se transforma peu á peu en une gelée incolore et transparente, se divisant dans une grande quantité d'eau en lui communiquant un aspect louche qui ne disparut pas même à la suite d'une ébullition prolongée. Jeté sur un filtre, ce liquide abandonna un dépôt blanc qui devint membraneux par la dessiccation et qui se dissolvit dons l'acide chlorhydrique étenda et tiède. Il se dissolvit aussi dans la potasse concentrée, mais la putasse faible ne le fit que gonfler, l'eau de chaux et la dissolution de salpêtre étaient sans action.

Traitée par du carbonate d'ammoniaque, la dissolution chlorhydrique abandonna un précipité bleu; la dissolution alcaline produisit un dépôt floconneux avec le sulfate de magnésie ainsi qu'avec les acides azotique ou acétique étendus. Chauffée sur une lame de platine la substance se gonfla beaucoup, brûla en répandant l'odeur caractéristique des substances albuminoïdes et en laissant un charbon volumineux mêlée de cendres.

Ces propriétés s'accordent en partie avec celles de la syntonine ou fibrine musculaire, maiss'en distinguent néanmoins par l'insolubilité dans l'eau de chats et la solubilité partielle dans les alcalis. L'auteur ne pousse pas plus loin ses conclusion.

J. NICKLÈS. [= Jérôme Nicklès, Professeur de chimie à la Faculté des Sciences de Nancy]